Lorsque le capital de départ est limité, beaucoup d’entrepreneurs pensent naturellement à s’associer avec un ami ou un membre de la famille pour lancer leur activité. En apparence, cette solution semble rassurante : confiance mutuelle, proximité, facilité de communication et partage des moyens financiers. Pourtant, l’expérience montre que ce type de collaboration échoue dans de nombreux cas.

En pratique, les relations personnelles et les relations professionnelles ne fonctionnent pas selon les mêmes règles. Les désaccords sur la gestion, la répartition des bénéfices, la prise de décisions ou encore l’engagement réel de chaque associé peuvent rapidement créer des tensions. Ces conflits, lorsqu’ils impliquent des proches, ont souvent des conséquences lourdes, non seulement sur l’entreprise, mais aussi sur les relations familiales ou amicales. Beaucoup de projets prometteurs échouent ainsi non pas par manque d’opportunités, mais à cause de problèmes humains et organisationnels.

Dans le secteur du BTP et des marchés publics, ces difficultés sont encore plus sensibles. Les responsabilités financières sont importantes, les délais sont stricts et la moindre erreur peut entraîner des pénalités ou des pertes. Sans une vision claire, des rôles bien définis et une vraie expérience du terrain, une association basée uniquement sur la confiance personnelle devient un risque majeur.

 Une alternative plus prudente et plus durable consiste à commencer seul ou avec une structure légère, en ciblant des petits marchés publics adaptés aux capacités réelles de l’entreprise. Cette approche permet :

  • de mieux maîtriser les coûts et les risques,

  • d’apprendre progressivement le fonctionnement des marchés publics,

  • de construire une réputation et un historique de projets réalisés,

  • d’acquérir de l’expérience technique, administrative et financière.

En grandissant pas à pas, l’entreprise renforce sa crédibilité auprès des maîtres d’ouvrage et améliore sa capacité à répondre à des marchés plus importants. Cette évolution progressive permet aussi à l’entrepreneur de mieux comprendre ses besoins réels avant d’envisager, plus tard, une association professionnelle basée sur des compétences complémentaires et des règles claires.

En conclusion, en cas de capital limité, il est généralement plus judicieux de démarrer par des marchés publics à la portée de l’entreprise, de grandir avec les projets et d’accumuler de l’expérience, plutôt que de s’engager trop tôt dans une collaboration avec un proche, souvent source de conflits et d’échecs. La patience, la progressivité et l’apprentissage sur le terrain restent les clés d’une croissance saine et durable.

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